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Covid 19 et grossesse quel impact ?

Est-il vrai que pour une femme enceinte, l’infection multiplie par 22 le risque d’entrer en réanimation ? Ce chiffre issu d’une étude d’avril 2021, a été cité par la députée LREM Coralie Dubost sur le plateau de CNews, mais il ne reflète plus la situation actuelle.

Elle faisait référence à une étude internationale menée sur 2 130 femmes enceintes, qui comparait les risques associés à la grossesse entre les femmes enceintes positives au Covid-19 et celles qui ne l’étaient pas. Il en ressort que « le risque de décès pendant la grossesse et post-partum est 22 fois plus élevé chez les patientes ayant été infectées par le coronavirus, bien qu’il reste très bas dans l’absolu », rapporte l’Inserm. Il est précisé que « ces risques augmentent lorsque la patiente présente des comorbidités (obésité, diabète, hypertension…) ». Cependant, cette étude présente une limite notable : les chiffres avancés « ne concernaient que les femmes ayant un test Covid positif au troisième trimestre de grossesse. Ils ne sont donc pas à retenir pour les femmes diagnostiquées plus tôt. »

Modifications immunitaires et volume utérin

Depuis la parution de cette étude, plusieurs autres sont allés dans le sens de cette conclusion :  les femmes enceintes semblent être à risque de développer une forme sévère en cas d’infection par le Covid-19.

Ainsi, une étude écossaise parue le 13 janvier dans Nature Medicine conclut que «les femmes enceintes ne sont pas plus susceptibles de contracter une infection SARS-CoV-2 que les femmes non-enceintes en âge de reproduction, mais qu’elles sont plus à risque de contracter une forme sévère de la maladie, et que la vaccination est efficace pour les prévenir », détaille le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, dans une note du 2 février sur le «renforcement de la vaccination des femmes enceintes». Notamment, « une femme enceinte infectée a un risque multiplié par 18 d’admission en soins intensifs par rapport à une femme enceinte non infectée ».

En France, la principale étude (parue fin novembre) a été menée par une équipe de l’AP-HP et un groupe de recherche de l’ Agence de biomédecine. Y est constaté un risque d’admission en soins intensifs de 6 % chez les femmes enceintes malades du Covid 19, contre 0,1 % chez les femmes enceintes qui n’étaient pas malades. Soit 60 fois plus. Dans sa note du 2 février, le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale ajoute « qu’il convient également de rappeler que les facteurs de risques de forme grave, dont l’obésité, diabète, âge et HTA (hypertensionartérielle, ndlr), majorent d’autant plus les risques susmentionnés ».

Mais pourquoi les femmes enceintes plus que les autres ?

Sur France 2, début janvier, la sage-femme Anna Roy rappelle que les femmes enceintes constituent « une population particulièrement à risque, comme elle l’est pour la grippe », en raison « des modifications immunitaires, cardiopulmonaires » induites par la grossesse. Auxquelles s’ajoute un volume utérin en croissance : « Elle sont un utérus qui grossit, qui grossit, et qui va comprimer la cage thoracique. »

Ces études commencent à dater. Depuis est apparu le variant Omicron, réputé moins dangereux.

Omicron, a-t-il fait changer la donne ?

Mis à part cette communication du ministère de la santé : « Les femmes enceintes ont plus de risques que la population générale de développer une forme grave si elles ont le Covid-19, d’être admises en réanimation et de nécessiter une assistance respiratoire. », aucune nouvelle donnée n’est disponible. « Avec les variants précédents, en particulier delta, il était clair que les femmes enceintes étaient plus susceptibles de souffrir de formes graves que les autres, retrace auprès du magazine de la Harvard Medical School (Massachusetts, Etats-Unis) la professeure de médecine Andrea Ciaranello. En ce qui concerne Omicron, nous ne disposons pas de chiffres publiés. » Dans son hôpital de Boston, la médecin observe une hausse globale des cas « mais moins de femmes enceintes admises en soins intensifs et nécessitant une ventilation ou un accouchement d’urgence ». Ce qui pourrait aussi être mis sur le compte « des taux de vaccination élevés dans le Nord-Est » des Etats-Unis.

Transmission des anticorps de la mère à l’enfant

La plupart des femmes qui « attrapent » et développent un COVID-19 durant leur grossesse, transmettent des anticorps à leurs bébés à naître, conclut cette étude de l’Université de Bologne (Italie). Ces données présentées à l’European Congress of Clinical Microbiology &Infectious Diseases (ECCMID), confirment, comme de récentes études et plus largement, le transfert des anticorps contre les infections de la mère au bébé au cours des 3 derniers mois de grossesse, ce qui confère au bébé une certaine protection dès la naissance.

Les femmes enceintes qui contractent le Covid-19, ont plus de risques que les autres de développer une forme grave de la maladie. Il est donc important pour elles de se vacciner. De plus la vaccination transmet des anticorps au fœtus et protège le nouveau-né contre le virus.

 

Sources :

https://www.liberation.fr/checknews/covid-19-est-il-vrai-que-pour-une-femme-enceinte-linfection-multiplie-par-22-le-risque-dentrer-en-reanimation-20220210_R63LYRB55JHLND7KVZN7AP6VQI/

https://www.santelog.com/actualites/grossesse-et-covid-19-transmission-des-anticorps-de-la-mere-lenfant

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