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Pourquoi le variant Omicron inquiète-t-il plus que le Delta ?

Depuis l'annonce des premiers cas du variant Omicron, les gouvernements du monde entier barricadent leurs frontières. S'il a été classé comme "préoccupant" par l'OMS, ce variant renferme encore de nombreux mystères.

Depuis plus d’une semaine, le variant Omicron inquiète. Repéré pour la première fois en Afrique du Sud, il a depuis été détecté dans de nombreux pays, dont la France. Rapidement classé parmi les variants "préoccupants" par l'OMS, il a provoqué un vent de panique dans de nombreux pays, qui craignent une plus haute contagiosité, voire une résistance aux vaccins. Mais que sait-on vraiment d'Omicron ?

Du point de vue génétique, ce variant possède un nombre de mutations inhabituellement élevé, dont une trentaine dans la protéine Spike, la clé d'entrée du virus dans l'organisme. En se fondant sur l'expérience des précédents variants, on sait que certaines de ces mutations peuvent être associées à une plus grande transmissibilité et à une baisse d'efficacité des vaccins.

"Si on se base sur la génétique, en effet, c'est quelque chose de très particulier qui peut être inquiétant", affirmait le 26 novembre à l'AFP Vincent Enouf, du Centre national de référence des virus respiratoires de l'Institut Pasteur à Paris.

Un variant trois fois plus contagieux que Beta et Delta

Selon une étude de scientifiques sud-africains parue ce vendredi et qui se fonde sur l'analyse de 35.670 réinfections identifiées chez près de 2,8 millions d'individus ayant été testés positifs, le risque d'attraper une nouvelle fois le Covid-19 est accru avec le variant Omicron. Il serait en effet, d'après leurs recherches, trois fois plus contagieux que les variants Beta et Delta.

Entre le 1er et le 27 novembre, le risque de réinfection constaté était trois fois supérieur par rapport aux vagues liées aux variants Beta et Delta. "Le variant Omicron est associé à une capacité substantielle d'échapper à l'immunité d'une infection préalable", conclut l'étude.

"Nous pensons qu'une infection antérieure ne protège pas contre Omicron", avait plus tôt déclaré Anne von Gottberg, spécialiste des maladies infectieuses à l'Institut national sud-africain des maladies transmissibles (NICD). Selon les premières observations, les personnes recontaminées par ce variant présentaient toutefois souvent des symptômes moins graves, a précisé la scientifique. 

Sa résistance aux vaccins est encore en question

"Nous n'avons pas d'information sur le statut vaccinal des individus dans nos données, et donc nous ne pouvons pas en tirer de conclusion sur la capacité d'Omicron à échapper à l'immunité induite par les vaccins", a toutefois averti sur Twitter Juliet Pulliam, de l'université sud-africaine Stellenbosch, et auteure principale de l'étude. La majorité des experts restent d'ailleurs pour le moment largement prudents sur le sujet.

"Il est urgent d'adapter les vaccins à ARN et les rappels aux variants en circulation", a néanmoins estimé sur Twitter le virologue français Etienne Decroly, inquiet. "S'il devait être nécessaire de changer les vaccins existants, nous pourrions être en mesure de les faire approuver dans les trois à quatre mois".

Les laboratoires Pfizer et Johnson & Johnson (J&J)ont indiqué lundi avoir, comme Moderna, commencé à travailler sur une nouvelle version de leur vaccin anti-Covid ciblant plus spécifiquement Omicron au cas où les vaccins actuels ne seraient pas suffisamment efficaces contre le nouveau variant.

Un variant déjà présent dans "au moins 22 pays"

Selon l'OMS, le variant est présent à ce jour dans au moins 22 pays, dont quatre pays africains : Ghana, Nigeria, Botswana et Afrique du Sud.  Le nombre de cas officiels de Covid-19 a augmenté de 54% sur le continent sur les sept derniers jours par rapport aux jours précédents, en raison de la hausse exponentielle des contaminations en Afrique du Sud, où il est déjà dominant. Il y a trois semaines, ce pays signalait quelque 300 cas par jour. Mercredi, il a signalé 8561 nouveaux cas, contre 4373 la veille.

En France, neuf cas de contaminations ont pour le moment été rapportés. Après la Réunion, les trois premiers cas détectés en France métropolitaine avaient été annoncés en Ile-de-France, dans le Haut-Rhin et en Vendée, à chaque fois chez des voyageurs rentrant d’Afrique. En Europe, des cas ont été détectés dans d'autres pays d'Europe comme l'Espagne, la Suisse, les Pays-Bas, la Norvège, l'Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni.

Aux États-Unis, cinq cas du variant Omicron ont été confirmés dans l'État de New York, un en Californie, un dans le Minnesota et un à Hawaï, portant à 10 le total de cas confirmés dans le pays.

L'Australie a pour sa part annoncé trois premiers cas d'Omicron à Sydney, malgré l'interdiction faite aux étrangers d'entrer sur son territoire et les restrictions de vols vers l'Afrique australe.

Un variant bientôt dominant en Europe ?

L'OMS estime "élevée" la "probabilité qu'Omicron se répande au niveau mondial". Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), basé à Stockholm, indique que "les données préliminaires suggèrent un avantage substantiel" du nouveau variant sur le variant Delta jusqu'ici dominant et considère ainsi qu'Omicron "pourrait causer plus de la moitié des infections provoquées par le virus SARS-CoV-2 dans l'Union européenne d'ici les tous prochains mois". Jamais un variant n'avait provoqué autant d'inquiétude dans le monde depuis l'émergence du Delta, déjà très contagieux.

Source : https://www.lci.fr

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