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Covid-19 : Omicron provoque des vagues plus hautes et plus soudaines

Depuis le début de l'épidémie, l'intervalle de temps entre deux contaminations a continuellement baissé. Une caractéristique du virus qui provoque des vagues plus rapides et de plus brèves décrues.

Chemin de l'emballement épidémique

La courbe des nouvelles contaminations quotidiennes au Covid-19 a un profil bien familier. Une ligne qui monte, presque à la verticale depuis quelques jours et qui confirme que leSars-CoV-2 n'a pas disparu. Alors que le 24 février, la France atteignait un pic record de nouveaux cas, un mois plus tard et malgré une décrue rapide, le pays reprend le chemin d'un emballement épidémique. La circulation du virus connaît depuis le début du mois de mars une accélération toujours plus importante sur le territoire, le taux d'incidence a continué à augmenter, gagnant 36% par rapport à la semaine précédente, et jeudi 24 mars, le nombre de nouveaux cas recensés atteignait près de 150 0000.  

Depuis près d'un mois c'est un sous-variant d'Omicron qui est majoritairement responsable de cette remontée des cas. LeBA.2, un "cousin" du sous-variant BA.1 qui a provoqué la très forte vague observée en janvier, est aujourd'hui majoritaire en France et représente plus de 70% des nouveaux cas. Les caractéristiques d'Omicron, un virus plus contagieux, qui échappe fortement à l'immunité conférée par une infection précédente ou à la vaccination, lui ont donné un avantage considérable par rapport aux autres variants. Mais cela peut aussi être expliqué par la capacité du virus à provoquer des contaminations non seulement plus nombreuses, mais aussi plus rapides.  

Les deux facteurs clés

La vitesse d'une épidémie dépend de deux facteurs : combien de personnes chaque individu contaminé infecte (appelé nombre de reproduction de base, ou R0) et combien de temps il faut pour que le virus se propage entre deux personnes. Ce second critère est appelé "intervalle sériel", ou intervalle de série, par les épidémiologistes. Il a continuellement baissé depuis le début de l'épidémie provoquée par la souche "historique" du virus.

Cette mesure de la rapidité de survenue de nouveaux cas constitue un facteur qui peut considérablement aider les responsables de Santé publique dans la mise en œuvre des différentes mesures de confinement. L’analyse, à paraître dans la revue Emerging Infectious Diseases des US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) constate que ce délai entre 2 cas est inférieur à une semaine.

4 jours, c'est le délai moyen entre 2 cas

Pour aboutir à cette estimation, l’équipe internationale de mathématiciens, épidémiologistes et virologues des États-Unis, de France, de Chine et de Hong Kong a « épluché » plus de 450 rapports de cas d'infection intervenus dans 93 villes en Chine. Les scientifiques sont parvenus à estimer le temps nécessaire à l'apparition des symptômes chez deux personnes atteintes du virus, qui se suivent sur la chaine de transmission (la personne qui transmet le virus à l’autre et la personne qui contracte l'infection de la précédente). C’est ainsi qu’ils constatent que l'intervalle de série moyen pour le nouveau coronavirus en Chine est d'environ quatre jours. Ce court intervalle en série de COVID-19 signifie que les épidémies émergentes vont se développer rapidement et pourraient être difficiles à arrêter, commentent les chercheurs :

« Ebola, avec un intervalle en série de plusieurs semaines est un virus beaucoup plus facile à contenir que la grippe qui se propage avec un intervalle en série de quelques jours seulement », explique l’auteur principal, Lauren Ancel Meyers, professeur de biologie intégrative à l'UT Austin. « Les données suggèrent que le coronavirus SRAS-CoV-2 peut se propager comme la grippe. Cela signifie que nous devons agir rapidement et de manière agressive pour endiguer la menace émergente ».

La transmission asymptomatique

C'est également l'une des premières études à estimer le taux de transmission asymptomatique : une infection sur 10 semble contractée par des personnes infectées par le virus mais ne présentant aucun symptôme. Jusque-là persistait une certaine incertitude quant à la transmission asymptomatique. Ces nouvelles preuves pourraient inciter les responsables de Santé publique à prendre de nouvelles mesures -ou les conforter sur les dernières mesures prises- pour contenir la propagation de la maladie.

« Des mesures de contrôle étendues, y compris l'isolement, la mise en quarantaine, les fermetures d'écoles, les restrictions de voyage et l'annulation des rassemblements de masse peuvent être justifiées», confirment ainsi les chercheurs. « La transmission asymptomatique rend définitivement le confinement plus difficile ». De plus, la pandémie se poursuivant et évoluant, de nouvelles données pourraient faire changer ces résultats.

Sources :

https://www.santelog.com/actualites/transmission-de-covid-19-un-intervalle-seriel-de-4-jours-seulement

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/covid-19-pourquoi-omicron-provoque-des-vagues-plus-hautes-et-plus-soudaines_2170580.html

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