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Quelle est la cause de la remontée fulgurante du COVID en Chine ?

Covid 19 : La Chine a fait état dimanche du triplement du nombre quotidien de contaminations par rapport à la veille. Un niveau qui n’avait plus été atteint depuis le premier épisode de la pandémie, au début de 2020.

Elle enregistre son pire bilan de contaminations en deux ans et confine 17 millions d’habitants à Shenzhen.

A Changchun (Chine), le 12 mars 2022, un centre d’exposition esttransformé en hôpital de fortune à la suite du rebond des contaminations aucoronavirus. 

C’est un revers pour la Chine. Les autorités de santé du pays ont recensé, dimanche 13 mars, près de 3 400 cas de coronavirus, son pire bilan en deux ans, et ont décidé de confiner les 17 millions d’habitants de la ville de Shenzhen.

En raison de ce pic de cas dans le pays, les autorité ont fermé les écoles de Shanghaï et confiné plusieurs villes du Nord-Est, tandis que presque dix-neuf provinces s’empressent d’ endiguer des foyers locaux dus aux variants Delta et Omicron. La grande ville de Jilin, dans le Nord-Est, a été partiellement confinée, avec des centaines de quartiers mis sous cloche, a annoncé un responsable. Yanji, ville de 700 000 habitants à la frontière nord-coréenne, a été, elle, entièrement confinée.

Quelle en est la cause ?

La Chine, où le virus a été détecté pour la première fois à la fin de 2019, a appliqué une politique de tolérance zéro face à l’épidémie. Elle réagit aux foyers épidémiques par des confinements locaux, le dépistage de masse, et le contrôle de sa population par l’intermédiaire d’applications de traçage. Les frontières du pays restent pratiquement fermées.

Mais ce nombre inédit de cas quotidiens, provoqués par le variant Omicron, interroge sur cette approche. « Le mécanisme d’intervention d’urgence dans certaines zones n’est pas assez robuste, la compréhension des caractéristiques du variant Omicron est insuffisante (…) et le jugement a été inexact », a admis lors d’un point de presse du gouvernement Zhang Yan, responsable de santé de laprovince de Jilin.

« Cela reflète également la montée rapide (…) du virus dans les différentes régions et le manque de (…) ressources médicales », provoquant des retards d’admission dans les hôpitaux et de traitement des patients, a-t-il ajouté.

Les habitants de Jilin, qui a signalé plus de 500 cas de variant Omicron, avaient terminé leurs six séries de tests de dépistage obligatoires dimanche, selon les autorités locales. Samedi, plusieurs centaines de quartiers de la ville ont été confinés. Changchun, ville voisine et base industrielle de 9 millions d’habitants, a, elle, été mise sous cloche vendredi.

Avec sa stratégie 0 Covid la Chine consistant à appliquer de façon stricte le triptyque « tester, tracer, isoler » et en se coupant du reste du monde, le régime pensait qu’il serait le premier à pouvoir tourner la page de l’épidémie. C’est exactement le contraire qui est en train de se produire.

Au moment où les pays européens commencent à lever les mesures de restriction avec la décrue de la vague liée au variant Omicron, la Chine se retrouve empêtrée dans une surenchère sanitaire pour maintenir, coûte que coûte, le zéro Covid. Mais ce qui est apparu un temps comme une protection efficace oblige désormais le pouvoir à basculer dans une fuite en avant, source de tensions sociales et de perturbations économiques qui risquent d’avoir de lourdes conséquences, non seulement pour la Chine mais aussi pour l’ensemble de l’économie mondiale.

Partout dans le pays, les confinements sporadiques de centaines de milliers de personnes se multiplient. Dès qu’un cas de contamination fait son apparition, ce sont des villes entières, des ports ou des centres de production qui sont perturbés, voire paralysés. Pourtant, les frontières du pays restent étanches. Peu de personnes sont autorisées à entrer en Chine et celles qui s’y risquent sont parquées pendant trois semaines dans des centres de rétention où les seules communications avec l’extérieur (réception, restauration, surveillance) se font de manière automatisée pour limiter les contacts humains au maximum.

Omicron ne rend pas la tâche facile.

Maintenir le couvercle sur la marmite pandémique va devenir de plus en plus compliqué pour le régime, alors que le variant Omicron se révèle beaucoup plus contagieux que ceux qui étaient en circulation jusqu’à présent.

Restrictions et lassitude

La Chine a jusqu’à présent réussi à maintenir les cas de coronavirus à un niveau très faible grâce aux confinements localisés, aux dépistages de masse et à ses frontières fermées. Mais la lassitude face à cette approche stricte se fait de plus en plus entendre dans le pays. Plusieurs responsables préconisent désormais des mesures plus ciblées, et les économistes avertissent que les restrictions radicales nuisent à l’économie du pays.

La politique sanitaire a généralement été plus souple depuis la hausse des cas, qui a commencé en février, qu’en décembre, lorsque la ville de Xi’an et ses 13 millions d’habitants avaient été entièrement confinés pendant deux semaines.

Dans la plus grande ville de Chine, Shanghaï, les autorités ont préféré miser sur la distanciation sociale en fermant temporairement des écoles, des entreprises, des restaurants et des centres commerciaux plutôt que de procéder à des quarantaines de masse. De longues files d’attente ont également été observées devant les hôpitaux de la ville, les gens se précipitant pour obtenir un test Covid négatif.

Face à l’augmentation des cas, l’autorité de santé nationale a annoncé vendredi qu’elle allait introduire l’utilisation de tests antigéniques rapides, ce qui pourrait indiquer une forme d’assouplissement de la politique sanitaire du Parti communiste.

Source :https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/03/13/covid-19-avec-pres-de-3-400-cas-quotidiens-la-chine-enregistre-son-pire-bilan-en-deux-ans_6117302_3244.html

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